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La relève de la Concordia fête 50 ans

La Liberté – Lundi 25 mars 2019

Rencontre avec quatre jeunes et un «ancien» des Cadets de la Concordia qui célèbrent leur demi siècle

« Les flûtes 3, 4, le podium ! Trompettes. Hautbois. Clarinette 1… chuuut! Attention ceux qui n’étaient pas là la dernière fois, on a travaillé !» A entendre les joyeuses envolées fusant du local de répétition du CO du Belluard, l’entrain des jeunes pousses musicales, sous la baguette du directeur Beat Rosenast, ne prend pas une ride. Leur harmonie, les Cadets de la Concordia, fête pourtant déjà ses 50 ans. Une année anniversaire qui sera marquée par divers événements, occasion pour les cadets de transmettre leur passion : outre la fondue de soutien le 15 mars avec animation musicale, ils donneront un concert public le 19 mai au Collège Saint-Michel, seront partie prenante du Camp du 50e du 22 au 25 août avec brunch officiel, et participeront – avec plus de 400 jeunes – au concours de la Fête fédérale des jeunes musiciens à Burgdorf (Berthoud) du 21 au 22 septembre. S’ils sont actuellement 23 musiciens de 10 à 18 ans dans l’harmonie, celle-ci en a vu défiler 270 depuis 1969. Un demi-siècle de complicité et de travail assidu, couronné parfois d’une place « chez les grands » : « Les Cadets constituent la relève de la Concordia », expose Laurent Wider, coprésident avec Lauriane Macherel. Le but est de donner aux élèves l’occasion de se retrouver en groupe pour faire de la belle musique et cultiver l’esprit de société. » Ce n’est pas William, Alisson, Laeticia et Ezequiel qui le contrediront, ravis de leur expérience au sein de l’harmonie. Ni Roland Charrière, ex-Cadet de 62 ans, qui joue à la Concordia.

J’ai rencontré ma femme grâce à eux

Roland : Soixante-deux ans, Neyruz, directeur suppléant de l’Office fédéral de la santé publique, ex-Cadet, corniste à La Concordia

Quasiment toute ma famille jouait d’un instrument. Mon oncle était président de la société cantonale des musiques. En 1969, à 12 ans, j’ai intégré la 1ère volée des Cadets, et dès 1971, La Concordia. J’ai rejoint les Cadets après avoir passé du bugle au cor. Puis j’ai été des années durant moniteur de formation pour les plus jeunes cuivres. Des liens d’amitié forts se sont tissés avec mes anciens élèves Cadets. J’ai joué dans nombre d’ensembles, mais je leur suis resté fidèle, ainsi qu’à La Concordia. La musique a toujours été une sorte de soupape de sécurité dans une carrière prenante. Et c’est grâce à elle que j’ai pu rencontrer mon épouse, soeur d’un ex-Cadet ! Mon fils y a été corniste, et aujourd’hui, joue à mes côtés à La Concordia.

Il est le benjamin du groupe

William :
Dix ans, Chésopelloz, en 5ème primaire, hautboïste. Plus jeune de la volée, il est y entré avant 10 ans.

« Je suis allé à un concert de La Concordia, où j’ai entendu du hautbois. Cela m’a plu. Le hautbois était difficile à maîtriser au début, le son n’était pas joli, puis c’est venu en répétitions. Je m’entraîne tous les jours au moins 30 minutes, sauf le week-end. Je suis aux Cadets depuis mes 8 ou 9 ans. J’aime les concerts, l’ambiance. Les activités comme le 1er Août, où on a joué à Fribourg. Et je me réjouis du grand concours à Burgdorf pour les 50 ans ! Mon frère Arnaud, qui a 14 ans, est aussi aux Cadets, il fait de la clarinette. Comme ma maman, qui en joue à La Concordia. Je compte aussi aller à La Concordia et je ne lâcherai pas mon instrument. Mais je n’en ferais pas mon métier : je veux devenir orthopédiste.

J’y suis la seule violoncelliste

Laetitia :
Quinze ans, Fribourg, en 2ème du Cycle d’Orientation DOSF, seule violoncelliste au sein de l’harmonie.

Dans ma famille, tout le monde est musicien ! Mes grandes sœurs, mon grand frère, mes deux petits frères, deux petites soeurs et ma maman jouent tous de l’alto, violon, violoncelle, clarinette ou flûte ! J’ai toujours trouvé plus beau le violoncelle que le violon. J’ai commencé à 7 ans. Et ça fait deux ou trois ans que je suis dans les Cadets. J’essaie de m’entraîner tous les jours et je progresse bien : les partitions sont prévues pour des instruments à vent, du coup, je dois m’adapter ! Et l’ambiance est cool, on est partis à Europapark ou en camps avec La Concordia. Peut-être que j’y entrerai, ça dépendra de mon travail avec l’école. Et j’ai beaucoup apprécié la journée portes ouvertes, où on a pu tester divers instruments.

A 18 ans, elle est l’aînée des Cadets

Alisson :
Dix-huit ans, Granges-Paccot, apprentie cuisinière en dernière année, à la flûte traversière.

« Je suis la seule musicienne de ma famille. Je suis entrée en 2010 dans l’école de musique et je suis aux Cadets depuis 2014, où je suis la plus âgée. J’ai commencé le piano, j’ai joué trois ans, puis j’ai opté pour la flûte traversière, parce que je préférais jouer dans un ensemble. J’aime le son de cet instrument et il est souvent mis en avant dans les morceaux. J’ai progressé au niveau technique. Je m’entraîne tous les jours dans la mesure du possible, en parallèle du travail. Et je veux entrer à La Concordia mais avec mon job cette année, je n’arrivais pas donc j’ai différé. J’aime cette harmonie, on y passe de bons moments. La musique restera toujours un hobby, je veux poursuivre dans un ensemble.

Le son d’ensemble est vraiment beau

Ezequiel :
Treize ans, Fribourg, scolarisé au Cycle d’Orientation de Jolimont, trompettiste.

« J’ai fait l’initiation à la musique dès 4 ans au conservatoire. Aux portes ouvertes, j’ai essayé la clarinette mais je ne sortais pas un son ! J’ai opté pour la trompette. Et j’aide mon frère de 7 ans à la flûte. Je suis entré aux Cadets à 10 ans. Quand je suis en solo, j’ai parfois le trac. Surtout lorsqu’on joue avec La Concordia, c’est davantage de travail. Mais j’essaie de faire de mon mieux. Je m’entraîne tous les jours, sauf quand j’ai le hockey. J’aime tout ici, les activités, les concerts… C’est une bonne dynamique d’équipe. Et je trouve beau le son d’ensemble : on peine à croire que ce sont des jeunes qui jouent quand on entend l’harmonie ! J’aimerais intégrer La Concordia, jouer dans d’autres pays ! Je me réjouis déjà de Burgdorf.

Les Cadets, 50 ans d’histoire

L’harmonie des Cadets de La Concordia, membre de l’Association fribourgeoise des jeunes musiciens, a été fondée en 1969 par Hubert Bertschy et est dirigée par Beat Rosenast. Ses élèves suivent deux ou trois ans de formation musicale avant d’intégrer les Cadets. Ils y restent au moins quatre ans (formation payée pour moitié). Ils ont une répétition par semaine et poursuivent des cours en parallèle. Pour entrer à La Concordia dès 16 ans, un examen est requis. « Seul 1 sur 10 y parvient. Cela s’explique par le haut niveau exigé », indique Laurent Wider, coprésident des Cadets. S’il est ardu de trouver la relève, celui-ci estime que l’intérêt reste vif pour l’école et les Cadets et précise que le budget pour la formation et les activités est de plus de 65’000 francs par an, financé par des lotos, sponsors, la Loterie romande ou Jeunesse et musique.

Nicole Rüttimann



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