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La Concordia dédie un concert entier à David Maslanka

La Liberté – Jeudi 31 octobre 2019

Samedi, au Podium à Guin, La Concordia jouera du David Maslanka.

La Concordia ne dément pas son profil d’excellence. Ce samedi soir, au Podium de Guin, elle ose un programme passionnant, comme sait les imaginer Jean-Claude Kolly : un programme techniquement pointu, qui met en valeur les solistes de l’ensemble, avec des pièces suffisamment descriptives pour être accessibles au public. Le chef d’orchestre le dédie entièrement à un compositeur américain, décédé en 2017, connu particulièrement dans le milieu des harmonies : David Maslanka.

La Concordia avait déjà interprété sa Quatrième symphonie lors de la Fête cantonale de Wünnewil. «C’est un grand monsieur qui a consacré une grande partie de sa vie aux orchestres à vents», précise Jean-Claude Kolly. «Il a écrit dix symphonies, qui font partie des pièces qu’une harmonie d’excellence doit avoir à son répertoire. » C’est la dixième, inachevée, que l’ensemble fribourgeois jouera samedi. Des passages mettent l’euphonium solo en évidence.

Précisément, de nombreuses oeuvres de David Maslanka impliquent des parties ou des rôles de solistes, à l’instar de In the Crucible of Your pain, tiré du Song Book for Flute and Wind Ensemble, et Fire in the Earth, tiré du Concerto pour saxophone alto. La lûtiste Lauriane Macherel et le saxophoniste Baptiste Gremion feront vivre ces pages virtuoses, «des oeuvres de bravoure », complète Jean-Claude Kolly, ravi de donner la parole à ces excellents musiciens.

Dans la Dixième symphonie, le compositeur cite Bach, fidèlement une pratique dont il est coutumier. Il a toujours été émerveillé par l’oeuvre du Cantor de Leipzig et par ses chorals en particulier. Sa discipline musicale lui faisait jouer un choral de Bach tous les matins de sa vie. L’oeuvre se termine sur un choral joué au piano et chanté par une voix de ténor comme la sienne. Ce sera celle, non lyrique, d’un musicien de l’ensemble, décrit le directeur de La Concordia.

Des quatre mouvements de la symphonie, David Maslanka a écrit le premier et la moitié du deuxième. Son fils, Matthew Maslanka, a terminé le mouvement et composé les troisième et quatrième à partir des esquisses de son père. Symboliquement et émotionnellement, l’oeuvre s’annonce forte, «sombre et tourmentée ». David Maslanka a dédié sa Dixième Symphonie à son épouse Alison, décédée au moment où il commençait à l’imaginer. La mort y est omniprésente – la date du concert au lendemain de la Toussaint est bien choisie sous cet angle. Mais les notes d’intent ion laissées par Matthew évoquent aussi son amour pour les siens. L’euphonium, qui est l’instrument du fils, a des passages à découvert d’une intensité particulièrement grande, expose Jean-Claude Kolly.

Après trois oeuvres aussi denses, La Concordia prévoit de changer de registre, pour terminer sur «un feu d’artiice», comme le veut son chef. Dernière pièce à l’afiche, «joyeuse et libérée», Traveler (de David Maslanka toujours) est «une pièce folle de 15 minutes».

En réalité, «c’est la plus dificile du concert», techniquement parlant, sourit Jean-Claude Kolly, qui n’hésite pas à pousser ses musiciens dans leurs retranchements.

Elisabeth Haas



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