Lumière sur les compositrices

La Liberté – Jeudi 11 novembre 2021

Sous la direction de Jean-Claude Kolly, La Concordia dédie tout un concert aux oeuvres de femmes

Un concert entièrement dédié à des compositrices : l’harmonie fribourgeoise La Concordia met en valeur ce samedi au Podium de Guin la musique écrite par des femmes dans le domaine des orchestres à vents. Elles sont toutes Américaines : Julie Giroux, dont La Concordia interprète la Quatrième symphonie et la « très musclée » Overture in Five Flat; Kimberly Archer et ses « contrastés » Common Threads; Cindy McTee et son Ballet for Band, qui fait référence autant à Ravel qu’au Stravinsky du Sacre et au jazz; ainsi que Valerie Coleman et sa Roma mâtinée d’influences espagnoles, turques et arabes. Interview du chef Jean-Claude Kolly

Photo Charly Rappo

Comment s’est passée la reprise pour La Concordia ?

Jean-Claude Kolly : Très bien. Nous avons commencé un peu plus gentiment que d’habitude. Et mis les bouchées doubles ensuite. Nous avons décidé d’adapter un peu les objectifs, sans faire de concession au programme musical. Nous allons présenter un programme d’envergure. L’ensemble est très en forme. Le public aura du mal à entendre les effets de la crise. Les musiciens sont motivés, ils avaient soif de jouer en groupe. La période que nous avons traversée a créé un manque. Nous avons quand même perdu quelques réflexes, à remettre en place.

Pourquoi un concert entier dédié aux compositrices ?

Comme tous les projets, c’est un programme qui a mûri. En septembre 2020, en demi-harmonies, nous avions préparé un programme en lien avec Shakespeare. Nous avons dû stopper à dix jours du concert. Le programme était prêt. Fallait-il le reprendre, au risque de jouer du réchauffé ? Nous nous sommes dit que les musiciens avaient envie de quelque chose de neuf, d’un nouvel élan. Mon leitmotiv est toujours de faire découvrir un nouveau répertoire aux musiciens et au public. Il y a encore beaucoup de choses à découvrir dans le répertoire des compositrices.

Précisément, c’est difficile de citer le nom d’une compositrice connue…

En Suisse effectivement. Mais aux Etats-Unis, dans le milieu des vents, c’est incroyable. Il y a beaucoup d’écoles de composition, donc aussi de compositrices. La composition pour ensembles à vents est enseignée. Et il y a des ensembles à vents dans les universités. C’est un milieu qui n’a rien à voir avec la Suisse. J’avais envie de diriger une symphonie de Julie Giroux depuis longtemps. En choisissant la quatrième, j’ai décidé d’articuler le concert autour des compositrices. Ça demande pas mal de recherches. Mais au final nous pourrions faire une quinzaine de programmes complets. Julie Giroux et Cindy McTee sont très jouées dans le monde, elles font partie des références.

Ce sont les premières oeuvres de femmes que vous jouez ?

Ce qui m’intéresse, c’est de jouer un répertoire qui fait progresser l’ensemble et d’avoir des fils rouges intéressants. Nous avons déjà joué des oeuvres de femmes, ce ne sont pas les premières. Mais il s’agit du premier concert entier avec des oeuvres de femmes.

Elisabeth Haas