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Gala de rythmes

La Liberté – Mardi 5 février 2013

Equilibre – En concert de gala, La Concordia a dansé sur des rythmes cubains et roumains.

«Folie rythmique»: c’est en ces mots que les voix enregistrées de Roger et Max Jendly décrivaient dimanche la dernière pièce au programme de La Concordia, «Conga del Fuego Nuevo» d’Arturo Marquez. Un dosage savant entre la précision et la rapidité d’un côté, la nonchalance de rythmes mexicains et cubains de l’autre. Mais c’est tout le concert de gala de l’harmonie fribourgeoise qui était placé ce week-end à Equilibre à l’enseigne de rythmes complexes et fous. A commencer par la première œuvre au programme, les «Danses roumaines», que Thomas Doss a écrites en étudiant le folklore roumain. Une pièce d’envergure pour orchestre à vent, redoutable, tenue avec force et inspiration par le chef Jean-Claude Kolly, qui fête cette année vingt ans de direction à la tête de La Concordia.

Assurément, la réputation d’excellence de l’ensemble n’est pas galvaudée. Même si les éloges enregistrés auprès des frères Jendly, du syndic de Fribourg Pierre-Alain Clément, du conseiller national Dominique de Buman, mais aussi du chirurgien Thierry Carrel et de l’entraîneur de hockey Paul-André Cadieux, sont de circonstance. Ce qui est frappant, dans le premier mouvement, plus que la précision, la rapidité, les solos de qualité, le soin apporté aux jeux sur les timbres et aux effets de nappe sonore, plus que la finesse d’interprétation concordienne dans les passages plaintifs, c’est la manière de sentir les rythmes irréguliers. Même s’il s’agit d’une pièce tout à fait idiomatique pour orchestre à vent, rien à voir avec de la musique descriptive ou narrative. Le folklore roumain n’est pas traité «couleur locale», mais de manière subtile. L’essentiel se joue dans la souplesse des rythmes. Des mouvements tourbillonnants, redoutables de vitesse, avec cris et battements de mains, alternent avec des thèmes sautillants et légers ou des passages chorals. Remarquables aussi les variations d’intensité sur le même rythme final : jamais de lourdeur. Du travail de haut vol pour un orchestre «amateur».

Des pièces plus courtes marquent la deuxième partie du concert. La «Torch Dance» de James Barnes, sous la direction du chef assistant Eloi Fellay, est moins martelée qu’inquiétante. Rien de convenu dans cette œuvre non plus: très percussive, costaude, martiale, elle offre un beau moment de répit, flou sur le plan rythmique, avec un beau solo de clarinette basse, pour repartir encore plus angoissée avec toute la force des instruments à percussions et des instruments les plus graves de l’orchestre. C’est très volumineux, mais très contrôlé. Peut-être une chance aussi de l’acoustique d’Equilibre.

Elisabeth Haas



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